Le noeud de vipères de François Mauriac

Publié le par emiLie

 

 

165 pages - Livre de Poche

 

Le-Noeud-de-viperes.jpgJe me vois obliger de vous raconter avec mes propres mots le résumé de ce roman. Je trouve que le résumé de l'édition Livre de Poche raconte beaucoup trop de choses du roman dont un élément très important qui ne survient qu'à la toute fin. Heureusement que j'ai la mauvaise habitude de survoler la quatrième de couverture.

C'est l'histoire d'un homme agonisant (cela commence bien!)  et d'une famille, sa famille. Une famille bordelaise de la bourgeoisie vivant dans la suspicion, la haine. Tous font bloc face à cette figure paternelle dominante, étouffante et riche. Celui-ci se retrouve seul, malade face à eux et il commence une confession sous forme de lettres pour sa femme Isa qui depuis longtemps s'est éloignée de lui.
Ce roman est magnifique, je me suis laissée embarquer au fur et à mesure jusqu'à ne plus arriver à le lâcher. Je ne connaissais pas du tout Mauriac, un grand monsieur qui a une écriture magnifique, précise, poétique.

Nous avons seulement accés au point de vue de Louis par l'intermédiaire de ses écrits, un point de vue très subjectif car c'est un homme en fin de vie rempli de rancoeur et de haine. Ses confessions nous permettent de comprendre le personnage car il se remémore les souvenirs bons ou mauvais de toute une vie. Mauriac décrit à la perfection la complexité des caractères des différents personnages. Derrière ce récit il y a toute une symbolique sur la rédemption, au fur et à mesure de ses écrits et des évènements qui vont bouleverser le cours de ses dernièrs mois de vie, Louis accède à une nouvelle façon de voir les choses. La haine, l'avarice peu à peu s'effacent.


« Est-il possible, pendant près d'un demi-siècle, de n'observer qu'un seul côté de la créature qui partage notre vie? Se pourrait-il que nous fassions, par habitude, le tri de ses paroles et de ses gestes, ne retenant que ce qui nourrit nos griefs et entretient nos rancunes? »


Louis fait des portraits sans concession sur les personnages de sa famille, il est d'un profond cynisme. Mais ce trait lui aussi s'atténue au fil du roman.

Un roman qui m'a vraiment marqué, il rentre directement à la tête du classement de mes romans préférés. Quelques lignes encore, juste pour le bonheur des mots.


«  La lumière du couchant se frayait un difficile chemin jusqu'à ce monde enseveli. Je sentais, je voyais, je touchais mon crime. Il ne tenait pas tout entier dans ce hideux nid de vipères : haine de mes enfants, désir de vengeance, amour de l'argent; mais dans mon refus de chercher au-delà de ces vipères emmêlées. Je m'étais tenu à ce coeur immonde comme s'il eut été mon coeur même, -comme si les battements de ce coeur s'étaient confondus avec ses reptiles grouillants. »

 

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laure 23/05/2009 20:20

Ok Emilie tu m'as donné envie de le lire, ton livre coup de coeur !

emiLie 24/05/2009 11:24



ça fait plaisir! C'est un livre un peu difficile au début mais après... 



les livres de george sand et moi 21/05/2009 12:32

j'ai lu ce roman dans ma prime jeunesse !!! à relire sans doute !

Emilie 21/05/2009 13:20



OUI à relire!!



line 20/05/2009 16:15

je me souviens d'avoir beaucoup aimé ce livre.

Florinette 20/05/2009 11:49

Je me souviens l'avoir lu et aimé, mais il y a très longtemps, il faudrait qu'un jour je le relise pour voir si mes impressions restent les mêmes...

emiLie 20/05/2009 11:55


Moi vraiment, j'ai adoré, c'est un livre difficile mais marquant!


keisha 19/05/2009 14:15

Quand j'étais plus jeune, j'avais eu une "période" Mauriac, finalement je suis contente que tu le présentes!

emiLie 19/05/2009 15:12


Je pense que je vais continuer ma découverte des oeuvres de Mauriac!